
La traversée du Vercors (Part 1)
Au matin du troisième jour dans le plateau, Johan et Anita - deux hollandais qui connaissaient déjà les lieux - nous amenèrent à une source. Quelle émotion alors ! Après deux jours de rationnement en eau, nous pouvions boire à notre soif, remplir nos bouteilles et nous laver. Aladin et Joggi eurent droit, quant à eux, à une double ration ! Jamais nous ne les avions vu boire aussi goulûment.![]() ![]() On ne peut pas toujours se laisser aller à des angoisses. La bonne humeur et la sérénité étaient de mise. Nous pouvions jouir du paysage sauvage et romantique, car plus rien ne nous en empêchait. Pas un bruit, pas le moindre signe de civilisation. La nature seulement, et elle seule ! Derrière moi, j’entendais la voix joyeuse d’Arvo qui chantonnait ou murmurait en apprenant à compter. Nous avions enfin du temps pour nous et pour savourer de belles pensées. Rester détendu dans une nature intacte, libère en nous une énergie salvatrice et accroît nos facultés d’en profiter consciemment. Nous étions en effet conscients de faire partie de la Création. Lorsque nous sommes arrivés, le soir, à la Cabane de Pré Peyret, il n’y avait plus de place et nous allions devoir dormir à même le sol. En échangeant nos différentes impressions et expériences, avec tous ces randonneurs, nous avons ainsi appris la présence d’un chemin vers Chichillanne, qui serait plus accessible pour nos ânes que celui que nous avions prévu. Nous avons donc décidé de le prendre le lendemain ; mais il fallait d’abord aller dormir !
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